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Le carnaval 2019, un bon cru

Le carnaval est l’une des fêtes les plus attendues dans l’année. Emboîtant le pas aux fêtes de fin d’année, il fait le bonheur d’un grand pan de la société guadeloupéenne. Répétitions à la chaine, les groupes se préparent sans relâche pour les déboulés. A chaque dimanche, depuis l’Epiphanie jusqu’aux jours gras, petits comme grands troquent volontiers leurs habits du quotidien contre des déguisements affriolants. Maquillages et paillettes, rien n’est jamais de trop pour scintiller dans les rues. Le public est nombreux pour applaudir les performances des carnavaliers. Musiques, chorégraphies et déguisements, tout est bien orchestré pour faire le show. Contrairement aux années précédentes, le carnaval 2019 était long ; plus de 2 mois de carnaval, quelle chance !

Pour parler de cette tradition qui fait la fierté de notre île, nous avons interviewé
le président de l’Office de Carnaval de Guadeloupe (OCG), Willy Abare pour recueillir
ses impressions.

Le carnaval 2019, une édition spéciale car longue…


Que pouvons-nous en dire ?

Willy Abare : Il faut savoir que le carnaval est fonction de la date de Pâques. Cette
année, Pâques tombe au mois d’Avril. Le carnaval était donc beaucoup plus long, deux mois mais qui sont passés vites.
Nous pouvons dire que le carnaval 2019 fût très beau. Les groupes ont répondu présents dès les premiers jours. De dimanche en dimanche, cela montait en puissance.
Nous avons eu de très belles prestations dans les différentes communes. Je considère que l’édition 2019 a été un bon cru.

Des nouveautés cette année ?


Willy Abare : Au niveau des groupes, il y a eu des nouveautés. Ces derniers sortaient avant avec des costumes des années précédentes mais cette année, ils ont fait l’effort de créer un vêtement en fonction des communes-hôtes et en fonction des critères des concours. Aussi, je dirai qu’il y a eu des nouveautés dans l’organisation même des manifestations, les conditions de sécurité étant de plus en plus contraignantes.

Attardons-nous sur les costumes… Peut-on dire qu’il y avait un fil conducteur ?

Attardons-nous sur les costumes… Peut-on dire qu’il y avait un fil
conducteur ? Willy Abare : Non. Concernant les plumes par exemple, chaque groupe a sa manière de les travailler. Il faut
savoir les agrémenter. D’une manière générale, les groupes ont fait des efforts dans la créativité et l’élaboration de leurs costumes.

Il y a un véritable progrès. Côté musique ? (question facultative, à mettre ou non dans le magazine)

Willy Abare : Certains groupes ont fait des efforts musicalement mais aujourd’hui, je suis toujours sur ma faim. Dans les années 80, chaque groupe avait son son caractéristique. Aujourd’hui, tout le monde joue la même musique. Il faudrait que l’on fasse un effort pour travailler sur des singularités musicales.

Des groupes, combien en Guadeloupe ? Peut-on rappeler les particularités de chaque catégorie ?


Willy Abare : Je sais que nous avons fait un recensement au niveau de l’Office du Carnaval qui date de 2 ans. Nous avions
comptabilisé 112 groupes en Guadeloupe toute catégorie confondue. Il y a ceux qui fonctionnent et d’autres non mais qui
existent toujours. Il existe trois catégories de groupes.
Les groupes à mas : L’histoire du mas c’est du satin même s’il y a certains groupes qui commencent à mélanger le satin avec d’autres éléments comme le coton. Je pense que leur particularité ne porte pas sur leurs costumes mais sur les choses qu’ils proposent. Ils réfléchissent et travaillent sur des faits de société. Les groupes à po : Ils ont pour particularité de récupérer nos déchets et de les transformer. Ils utilisent des produits locaux tels que les feuilles des arbres, les graines et consorts.

Ces matériaux deviennent de nos jours très coûteux. Les groupes à caisses claires : chaque groupe de cette catégorie a sa particularité. Certains sont sur les costumes, d’autres sur la musique ou encore sont sur les 2. Cette diversité fait la beauté de notre carnaval. Je tire mon chapeau à tous les carnavaliers pour leur travail. Bénévoles, ils donnent de leur temps
et contribuent à la richesse de notre
carnaval. J’adore cette fête parce que j’ai l’impression en regardant les défilés que je suis dans une boîte de nuit où il
y a du compas, du reggae, du calypso et autres, nous avons tout cela mais à ciel ouvert.

Ces matériaux deviennent de nos jours très coûteux. Les groupes à caisses claires : chaque groupe de cette catégorie a sa particularité. Certains sont sur les costumes, d’autres sur la musique ou encore sont sur les 2. Cette diversité fait la beauté de notre carnaval. Je tire mon chapeau à tous les carnavaliers pour leur travail. Bénévoles, ils donnent de leur temps et contribuent à la richesse de notre carnaval.
J’adore cette fête parce que j’ai l’impression en regardant les défilés que je suis dans une boîte de nuit où il y a du compas, du reggae, du calypso et autres, nous avons tout cela mais à ciel ouvert.

Comment pouvons-nous définir le carnaval de Guadeloupe ?


Willy Abare : Juste un adjectif : Inégalable. Et l’avenir du carnaval ?
Willy Abare : Je dirai que nous pouvons avoir certaines inquiétudes notamment au sujet de deux éléments : les conditions de sécurité qui augmentent et pèsent sur le budget des communes et le prix des costumes qui devient de plus en plus coûteux. Le carnaval fait partie de la culture et de la tradition en Guadeloupe. C’est une soupape de décompression qu’on ne doit pas occulter mais choyer. OFG, comités, carnavaliers, nous devrons mener des réflexions sur les manières de mutualiser nos moyens pour diminuer les coûts et
contribuer au maintien de notre carnaval.


Qu’est-ce que l’OCG ?


Willy Abare : L’Office du Carnaval de Guadeloupe est une structure qui a été mise en place à la demande des carnavaliers. Il faut savoir qu’historiquement, depuis un nombre d’années avant 2008, date de la création de l’OCG, nous avions un symposium au niveau
de la Région. Chaque premier samedi du mois, nous nous réunissions pour connaître la direction à donner au carnaval et comment
le protéger. En 2008, Victorin Lurel, président de Région de l’époque, nous a permis de mettre en place cette structure au sein de
l’hémicycle pour pouvoir labelliser le carnaval et défendre les intérêts des carnavaliers.
Avec les comités, les fédérations et autres, nous essayons d’harmoniser un calendrier pour avoir une manifestation digne de son nom et digne de la Guadeloupe.
Qui est Willy Abare ?
Willy Abare : J’étais carnavalier jusqu’en 1986 J’ai arrêté le carnaval parce qu’il y avait déjà la montée du prix des vêtements. Cela
tournait à plus de 400 francs. En 1999, René Bellony et Laura Michaud m’ont fait revenir pour donner un coup de main pendant une
année et je me retrouve toujours dedans, 20 ans encore. J’ai été ensuite membre du bureau du GCCRP puis vice-Président. En
2008, je fus le premier vice-président chargé de la sécurité. C’est moi qui faisait la sécurité du carnaval dans les rues de Pointe-à-Pitre,
le dimanche gras. Je suis à l’OGC depuis sa création. J’étais membre du bureau, secrétaire adjoint et depuis le 22 décembre 2018, je suis le président.

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